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Première Rencontre Ornithologique des Antilles Françaises


Les mercredi 9 et jeudi 10 novembre 2016, ont eu lieu deux journées d’échange et de travail collectif sur le thème de la conservation des oiseaux dans la Caraïbe.

Pourquoi organiser une telle rencontre ?

La Caraïbe est un hotspot mondial de biodiversité reconnu. Sur les 513 espèces d’oiseaux recensées dans la Caraïbe, 172 (34%) sont endémiques, et 54 sont menacées. Ces oiseaux n’ont pas la notion de frontière, nombre d’entre-eux migrent à travers l’arc des Antilles. D’où l’importance de travailler en réseau à cette échelle caribéenne et de s’appuyer sur des ONG telle que la Birds Caribbean.

Pourquoi les oiseaux ?

Au delà de leur importance écologique dans nos écosystèmes et de leur valeur patrimoniale, les oiseaux sont un moyen efficace d’intéresser la population et de la sensibiliser à des problématiques écologiques plus larges, telles que la fragmentation ou la perte d’habitat, les espèces invasives ou encore la pollution.

Une belle participation des Antilles Françaises

Cette rencontre a été organisée à l’initiative du Parc national de la Guadeloupe dans ses locaux et avait pour objectif principal de favoriser les échanges et de susciter des collaborations entre les différents acteurs qui œuvrent à la connaissance et à la protection des oiseaux et de leurs milieux dans les Antilles Françaises. Le second objectif était de re-situer ces actions dans la région Caraïbe et de favoriser un rapprochement avec la communauté ornithologique caribéenne dans sa globalité.
Ce sont donc plus de 30 spécialistes des oiseaux en provenance de 5 îles différentes qui étaient présents. C’est-à-dire plus de 16 structures qui ont partagé leurs savoirs et unis leurs connaissances pour œuvrer plus efficacement en faveur de la conservation des oiseaux.

Un invité de marque

Parmi tous nos invités, Mr Lyndon John nous a honoré de sa présence. Basé à Sainte-Lucie, Lyndon est le vice président de la Birds Caribbean et le coordinateur du projet sur les espèces invasives dans la Caraïbe pour la Royal Society for the Protection of Birds (RSPB).

La Birds Caribbean a été fondée en 1988 et est actuellement la plus grande organisation régionale dédiée à la conservation des oiseaux dans la Caraïbe. Le Parc national a rejoint ses 1200 membres en juin 2016.

Avec plus de 30 ans d’expérience dans le domaine, Lyndon nous a présenté les actions menées par cette ONG sur l’ensemble de la région Caraïbe. Des discussions ont été entamées afin que les îles francophones soient mieux représentées dans ce réseau. Ainsi dans cette optique, le directeur du Parc national proposera à Cuba en 2017 d’accueillir en Guadeloupe la 21e rencontre internationale en 2019.

Visite de nos espaces protégés

Afin d’animer cette rencontre, deux sorties sur le terrain ont été organisées par les agents et gardes-moniteurs du Parc national de la Guadeloupe. Une première sortie avait pour but de faire découvrir à Mr John la zone du Grand Cul-de-Sac Marin, classée en cœur de Parc national, notamment autour des îlets Christophe. La seconde à permis d’accompagner tout le groupe autour du site de Grand Etang, également en cœur, pour une séance d’observation des oiseaux forestiers où le Pic de la Guadeloupe, notre unique espèce endémique ainsi que d’autres espèces (Paruline caféiette, Grive à pied jaune, Héron vert, Grèbe…) ont pu être observées et entendues dans de bonnes conditions.

Des ateliers d’échanges

Après une intervention de chaque participant présentant ses activités, trois ateliers ont été mis en place pour échanger sur le programme STOC / EPS (Protocole de suivi des populations par points d’écoute), la mise en place d’un réseau de suivi des limicoles côtiers, et le stockage et partage des données.

Le STOC-EPS est un protocole conçu pour évaluer les variations spatiales et temporelles de l’abondance des populations nicheuses d’oiseaux communs. Il est basé sur la réalisation de points d’écoute. Utilisé dans l’hexagone depuis 1989 il a été transposé en Guadeloupe depuis 2014 avec actuellement 430 points d’écoutes. Les échanges sur ce protocole ont permis d’aborder des questions techniques, telles que la durée d’échantillonnage, les difficultés rencontrées ou encore le nombre d’observateurs nécessaires. Le traitement statistique a aussi été abordé afin de valoriser les 3 années de données déjà existantes. Le personnel de la réserve Naturelle de Saint-Martin est demandeur d’une formation aux points d’écoute. Anthony Levesque, qui a animé cet atelier d’échange en à profité pour présenter eBird, une application incluant une version mobile internationale pour la saisie des observations.

Dans un contexte de nouvelle réglementation de la chasse, l’ONCFS propose de piloter la mise en place d’un réseau de suivi des limicoles côtiers en Guadeloupe. Le premier objectif de ce réseau serait de développer la connaissance sur les espèces, les habitats et les prélèvements, afin de préciser le rôle de la Guadeloupe dans le parcours migratoire des limicoles. Pour cela il préconise la mise en commun des moyens, le partage des données acquises et la mise en cohérence au niveau local et international des méthodes de suivi.

Pour répondre aux obligations de partage des données qui s’imposent à tout établissement public, le Parc national a élaboré, en collaboration avec la DEAL de Guadeloupe, un outil libre régional : KaruNati. Cette application permet de regrouper toutes les observations naturalistes et les met à la disposition du public. Alain Ferchal, concepteur de KaruNati et animateur de cet atelier, a invité les participants à partager également leurs données via cette application. Afin de répondre aux réticences et d’éviter toute ambiguïté, des conventions pourront être établies bilatéralement, ou au titre d’une charte entre le Parc national et les producteurs de données (associations, chercheurs etc).
A long terme, il a été proposé que la Martinique, Saint-Martin et Saint-Barthélémy, puissent alimenter à terme un outil commun aux Antilles Françaises.

Une rencontre utile, efficace et appréciée

Outre les ateliers d’échange et les nombreux sujets abordés, des moments privilégiés de discussion entre les participants ont été l’occasion de mieux se connaître. Cette rencontre à été appréciée et elle a déjà suscité plusieurs idées de collaboration, à chacun d’entretenir ces liens, au bénéfice de la conservation de notre patrimoine commun.

Nous remercions donc

  • Lyndon John de la Royal Society for the Protection of Birds et la Birds Caribbean (Ste-Lucie),
  • Olivier Raynaud et Karl Questel de l’Agence Territoriale de l’Environnement de St-Barthélémy,
  • Caroline Fleury et Daniel Ashley de la Réserve Naturelle de St-Martin,
  • Lévy Maugée du Parc Naturel Régional de la Martinique,
  • Julien Mailles de la Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement Martinique,
  • David Belfan de l’Association La Carouge en Martinique,
  • le Dr Carine Précheur,
  • David Rozet, Blandine Guillemot et Alexis Poupart de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage en Guadeloupe,
  • Anais Gentit et Sarah Khatib de l’Office National des Forêts de Guadeloupe,
  • Anthony Levesque de Birding Entreprise en Guadeloupe,
  • Gilles Leblond de BIOS Environnement en Guadeloupe,
  • Nicolas Barre de l’Association pour l’Etude et la protection des Vertébrés et végétaux des petites Antilles en Guadeloupe,
  • Elsa Philemon du Pole relais Mangrove et zone humides des territoires d’outre mer en Guadeloupe,
  • Frantz Delcroix de l’Association Amazona en Guadeloupe,
  • Eric Delcroix de l’Association Tité et de la Réserve Naturelle de Désirade et Petite Terre,
  • Guy Van Laere, Hervé Magnin, Regis Gomèes, Georges Petit-Lebrun, Laura Pittino, Maitena Jean, Jeffrey Bernus et Mr le Directeur Maurice Anselme (Parc national de la Guadeloupe) pour leur présence et leur contribution à cette rencontre.

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